Fukushima

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Tokyo a retrouvé ses couleurs. Fini les restrictions, fini l’austérité. Malgré la fermeture de 52 des 54 centrales nucléaires du pays, on brûle à nouveau l’électricité comme si elle était gratuite. L’économie d’ailleurs reprend : on espère une croissance de 2,2 % cette année ; alors, on s’efforce d’oublier le tsunami et Fukushima. Les étiquettes précisent bien l’origine des produits : rien ne vient en principe de la zone contaminée. Mais en vérité, les gens n‘y font même plus attention.

– Je ne me fais aucun souci de ce point de vue. J’achèterais même des produits de Fukushima, comme du saké, si ça pouvait les aider.

Pourtant il ne faut pas aller bien loin, au parc de Mitsumoto dans le nord-est de l’agglomération pour un brutal rappel à l’ordre. Le nuage radioactif qui est passé sur Tokyo les 15 et 16 mars 2011 a laissé des traces.

Le taux des radiations est quand même autour de 3 fois — 2, 3, 4 fois — la limite annuelle pour la population dans des circonstances normaux*.

Même à l’école voisine, on affiche une belle indifférence.

– Ces radiations, je m’en fiche. De toute façon, on ne peut rien faire et je ne vais surtout pas en parler à mes enfants.

C’est plus difficile naturellement d’oublier quand on est près de la centrale. Cette petite ville de Kawauchi est coupée en deux. Certains quartiers ont été évacués, ils sont dans la zone d’exclusion, à moins de 20 kilomètres de la centrale. La municipalité a entrepris de faire décontaminer les bâtiments publics et pense que le moment est venu de normaliser la situation.

Nous avons suffisamment souffert. La situation s’est améliorée dans la centrale, la radioactivité dans la ville est acceptable. Nous avons donc dit qu’il était temps de rentrer chez nous.

Seulement, voilà, déception ! 28 % seulement des évacués de la ville se sont déclarés prêts à rentrer chez eux.

– L’exemple de cette petite ville de Kawauchi illustre bien l’état d’esprit des évacués de Fukushima. La radioactivité a beau être ici à peu près normale, en dessous de 0,5 microsievert. En tout cas, c’est toujours le sentiment d’inquiétude qui domine.

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